jeudi 13 février 2014

La Trilogie de Bartiméus




J'étais obligée...

L’autre soir, j’ai dîné avec mes frangins d’amour (qui sont au nombre faramineux de deux), et un ami à eux. Et rapidement, nous en sommes venus à un point qui « fâche »… J’ai nommé Harry Potter. Mes doux frères ont toujours eut cette petite tendance rebelle à ne pas toucher à ce qui était trop célèbre, et le brave magicien en a fait les frais. Qui plus est, ils étaient un poil âgés pour être concernés à la sortie du premier livre (l’argument « papa adore » n’a jamais fonctionné  bizarrement)… En tout cas, ils ont toujours mis un point d’honneur à comparer et critiquer. Or, fait miraculeux, mon frère aîné s’est subitement mit à lire Harry Potter… Il lui aura fallut plus de 10 ans, mais ça y est ! Et donc, nous voilà en train de discuter des différences entres les livres et les films, les défaillances de l’écrivain et, en gros, tout ce qui ne va pas. Notamment que, nom de dieu, pourquoi les magiciens ne dominent ils pas le monde, a l’aide de leurs faramineux pouvoirs ? Personnellement, je me fais plutôt l’avocate d’Harry Potter, parce que les années d’étude du sorcier correspondaient plus au moins aux miennes (oui, j’ai attendu ma lettre. Non, je ne l’ai pas reçue…), bref, nous avons passés 7 années côte à côte !  C’est long et ça marque, même si oui, il y a des tas de petites, ou grosses, incohérences. Bref. Là-dessus, l’ami de mes frères nous explique qu’il existe une trilogie très vaguement similaire, pour les jeunes, dans laquelle les magiciens dominent le monde en méprisant royalement les « plébéiens », ces pauvres êtres qui n’ont pas de pouvoirs.  
Etant en manque de nourriture littéraire de qualité, et sachant que le monsieur en question a plutôt bon goût (quoi que… il a « l’attaque de la moussaka géante » en DVD…), j’ai décidé de m’y mettre. Eh bien, eh bien, je valide ! 

La trilogie de Bartiméus, écrit par Jonathan Stroud, entre 2003 et 2005.

Le tome 1... L'amulette de Samarcande, c'est écrit dessus, hohoho !

Dans ce monde, la magie fonctionne par invocations de démons dans des pentacles soigneusement tracés (gnomes, foliots, djinns, afrits, marids et les « gros trucs après qu’on invoque jamais ») ou par formules en latin. Les démons sont réputés rusés, cruels, et roublards, et profitent de la moindre incertitude dans l’invocation ou la moindre ligne de travers sur le pentacle pour mal interpréter les ordres et si possible, victoire ultime, bouffer son magicien. L’inimitié est profonde entre les deux espèces et « être sympathique » avec un démon est juste inimaginable. Londres dominent l’europe voire le monde, rentre en guerre contre les Amériques (qui sont très loin de ce qu’elles sont dans le monde réel… Ce sont plutôt des colons lointains un poil sauvages…) et doit faire face aux plébéiens mécontents.
Bartiméus est donc un djinn de 4ème niveau (un démon moyen en gros), assez arrogant et imbu de lui-même, très sarcastique, qui adore faire enrager ses maîtres de n’importe quelle façon. C’est un vieux roublard, âgé de 5000 ans, bourré d’humour (toujours incompris, hélas), particulièrement attachant. En revanche, le héros humain… Pendant les deux premiers tomes, j’ai juste eut envie de le baffer. C’est un gamin certes très doué, mais déjà arrogant, ambitieux, orgueilleux et un peu ridicule, qui s’assoit allègrement sur sa conscience. Par son orgueil mal placé, il décide de se venger d’un magicien adulte qui l’a humilié, et évidemment, ça part en cacahuète et le fout dans la merde jusqu’au cou pour la quasi-totalité du premier livre. On est presque content finalement des ennuis dans lesquels ils se fourrent… « ça t’apprendra la vie, petit con ! ».
Bon, le premier livre se termine bien malgré tout, même si très souvent le doute est permis… Je crois que j’ai rarement eut autant l’occasion de me dire « je ne vois pas COMMENT ils pourraient redresser la situation ».

L'Oeil du Golem, tome... deux... suspens !

En fait, souvent dans les trilogies, le premier bouquin est excellent et ensuite on perd un peu en niveau…. Enfin il me semble… Ici, c’est l’inverse. Le premier a été un peu pénible, tellement ce gamin est…grnnnnrrr…. Heureusement que Bartiméus est là pour prendre le rôle du personnage sympa qu’on soutient. Dans le second tome, Nathaniel le gosse est toujours aussi casse-noisette – il est encore plus arrogant qu’avant, si seulement c’était possible, et largement plus ridicule. En revanche, en plus de Bartiméus, il y a Kitty qui apparaît en tant que personnage à qui on cri des encouragements depuis son lit douillet. Kitty Jones fait parti de ces plébéiens qui se rebelle contre le gouvernement et qui donne beaucoup de fil à retordre à Nathaniel. Rien que ça, elle mérite une statue. Cette gamine a tellement plus de jugeote et de bravoure que cet abominable gamin… Bon je caricature un peu, des fois, on l’aime bien lui aussi. C’est surtout drôle de voir son chapitre, qui raconte son histoire, le décrire de manière plutôt avantageuse… Puis passer au point de vu du Djinn, qui fout tout en l’air à l’aide de comparaisons foireuses.  Enfin bref, on suit d’un côté Nathaniel qui redoute un complot au sein du gouvernement mais que personne n’écoute, Kitty qui ourdit avec son groupe un gros vol ambitieux, et un « gros monstre mystérieux » qui ravage la ville de temps en temps, quand l’envie lui prend. Avec Bartiméus coincé au milieu qui s’efforce d’obéir en travaillant le moins possible. 

Le lion a vraiment une bonne tête, non...?

Et le dernier tome… Eh bien, très savoureux, vraiment, très savoureux. Probablement parce qu’on va enfin découvrir le fin mot de l’histoire sur ces complots et ces trahisons, mais aussi parce que Nathaniel va petit à petit se rendre compte du gros con qu’il était devenu et prendre un peu de recul. ENFIN. On découvre aussi un peu l’histoire de Bartiméus et de l’unique maître pour lequel il avait de l’affection, Ptolémée, un jeune Egyptien très avant gardiste. Et, personnellement, ce genre de flash back historique, j’adoooore. Surtout que ce sera bien sûr très utile dans ce livre… Kitty est toujours aussi formidable. Voire plus encore, en fait.

J’étais très triste d’avoir fini, ça faisait quelques temps maintenant que ces charmants personnages m’accompagnaient dans le métro. Et.. Et oui, j’ai découvert un 4ème tome ! Concentré sur Bartiméus, du temps du roi Salomon, un terrible magicien. Et franchement… Il s’est un peu assagit avec le temps en fait. Juste comme ça, rapidement… Censé construire un temple SANS magie, avec 6 autres Djinns, ils profitent de leur non surveillance pour désobéir et se la couler douce… Il faut savoir que les démons peuvent revêtir n’importe quelle apparence. Humaine, animale, des meubles… Bref. Salomon vient inspecter l’avancée des travaux. Tout le monde le voit venir de loin… Sauf UN Djinn qui déboule subitement sur le chantier, transformé en hippopotame à jupe et braillant des chansons paillardes qui concernent de très près le roi. Bartiméus, évidemment.

Bref, ce ne sont pas que trois livres drôles à lire, on aborde aussi le thème de l’esclavage, de la dictature et de l’oppression des peuples. Bartiméus est drôle, certes, mais il est aussi très blasé de 5000 ans à servir des magiciens qui ne tiennent jamais leurs promesses, qui punissent, qui en demandent toujours plus, qui ne se sont même jamais intéressés à la nature de leurs serviteurs… Il a put observer le cycle immuable des grandes civilisations, auquel n’échappe finalement pas Londres. C’est aussi l’histoire d’un personnage qui réapprend ce que c’est qu’être humain, la lutte désespérée d’une gamine pour faire entendre la cause de son peuple. Kitty est vraiment très sage pour son jeune âge. Voilà, j’espère que je n’en ai pas trop dit et que ça vous à quand même donné envie !

(Il aurait été question d'une adaptation au cinéma, mais je crois que c'est plus ou moins tombé à l'eau... franchement, c'est dommage. Si un jour ça se fait, je suis sûre que ça donnera un truc super, mais dont j'attendrais vraiment beaucoup. A suivre !)